On a testé les gestes qui sauvent : c’est gratuit et c’est ce samedi, vous venez ?

Reportage

Mise à jour le 01/04/2025

Un homme effectue un massage cardiaque sur un mannequin féminin tandis qu'une femme est agenouillée à ses côtés et lui donne des conseils.
À l’occasion des « Samedis qui sauvent », nous avons participé à l’une des sessions de formation organisées gratuitement dans les mairies d’arrondissement, les samedis 29 mars et 5 avril. Au programme ? L’apprentissage, via la pratique, de différents gestes et bons réflexes pour porter secours.
« Gardez en tête qu’il vaut toujours mieux tenter d’aider, même si vous ne vous souvenez pas exactement des gestes, plutôt que de ne rien faire. Dans le cas d’un arrêt cardiaque, les chances de survie de la victime sont de 4 % si personne n’intervient. En pratiquant un massage cardiaque, elles grimpent à 40 %. » Ces mots prononcés par Julien, formateur à la Protection civile Paris Seine, récoltent des hochements de tête convaincus de la part de la vingtaine de personnes présentes dans l’assemblée. Ici, dans cette salle de la mairie de Paris Centre, chacun a décidé de dédier deux heures de son samedi après-midi pour apprendre les gestes qui sauvent.
Rendez-vous le 5 avril dans votre mairie d’arrondissement
Envie de participer gratuitement à cette formation ? Rendez-vous ce samedi 5 avril dans les mairies d’arrondissement participantes. Des créneaux sont encore disponibles à 10 h, 13 h ou 15 h 30… mais ils partent vite !
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« C’est rassurant »

La session débute par les gestes à connaître pour protéger la victime en l’écartant d’un danger. Iris, secouriste à la Protection civile Paris Seine depuis un an, joue les cobayes. Elle est allongée, inconsciente, à proximité d’un incendie. Comment la sortir de là ? Des voix s’élèvent et proposent des solutions qu’il convient alors de mettre en œuvre : un participant quitte sa chaise et tente de traîner Iris par les pieds, une autre de la saisir par les poignets. Julien, le responsable de la formation, confirme ces deux possibilités et fait la démonstration d’une troisième technique pour soulever la victime inconsciente.
Puis les participants composent des binômes, chacun jouant la victime et le secouriste à tour de rôle. C’est tout l’intérêt de cet atelier : s’essayer aux gestes qui sauvent sous le regard bienveillant et les conseils des formateurs. Si certains sont venus en famille, d’autres ont décidé de se former seuls. C’est le cas de Delphine, une habitante du 10e arrondissement : « C’est vraiment le hasard qui fait que je suis ici ! J’ai vu passer l’information de cette formation, c’était gratuit et proche de chez moi. Comme j’avais du temps aujourd’hui, je me suis inscrite. Cela permet d’apprendre les bons gestes, avec précision, et d’être parée face à de nombreuses situations. C’est rassurant. »
Des sessions gratuites tout au long de l’année
Ces sessions de sensibilisation aux gestes qui sauvent sont organisées avec l’appui de la Croix-Rouge française, de la Protection civile Paris Seine, des associations agréées de sécurité civile et de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). De nombreuses sessions ont lieu tout au long de l’année. En savoir plus

La métaphore de la bouteille d’eau

Après un point sur les numéros d’urgence à utiliser pour alerter (lire l’encadré ci-dessous), l’atelier suivant concerne les hémorragies. Fausse hémoglobine sur des bandages, chacun apprend à appliquer un pansement compressif pour arrêter le sang de couler. Et parce que ce n’est pas toujours possible, l’étape ultérieure est de faire un garrot. Celui-ci se pose uniquement sur les bras ou les jambes, et doit se placer entre la blessure et le cœur, nous explique le formateur. Qui ajoute : « Il y a une croyance qui veut que poser un garrot signifie qu’il faut amputer. C’est faux : au total, on peut passer jusqu’à 6 heures avec un garrot. »
Sans aller jusqu’à cette situation extrême, l’atelier permet également d’adopter de bons réflexes et de se remettre à jour. Géraldine avait déjà participé à des sessions de formation il y a trois ans. Mais elle est revenue car « on oublie vite si l’on ne fait pas un rappel. C’est l’occasion de revoir les basiques comme la nécessité d’allonger une personne victime d’un saignement. Le formateur a utilisé une super métaphore : celle d’une bouteille d’eau. S’il manque quelques centilitres et que la bouteille est debout, l’eau n’atteint pas le bouchon. Alors qu’en couchant la bouteille, l’eau peut de nouveau atteindre le bouchon. C’est pareil pour un humain avec le sang qui atteint son cerveau ! » sourit cette habitante du 3e arrondissement.
Les numéros d’urgence à contacter
Outre le 15, le 17 et le 18, le 112 est valable dans toute l’Europe, regroupe tous les numéros d’urgence et permet d’envoyer le service de secours le plus adapté à la situation.

Un mannequin féminin, une rareté, mais aussi une nécessité

La session de formation se termine par l’incontournable massage cardiaque et l’utilisation d’un défibrillateur automatique électronique. Pour cela, des mannequins sont disposés au sol. L’un d’eux a une apparence féminine : « C’est très rare, nous avons presque tout le temps des mannequins hommes, souligne Julien. C’est une bonne chose, car il peut parfois y avoir de la gêne à l’idée de devoir un peu toucher la poitrine en faisant le massage cardiaque ou en plaçant une électrode du défibrillateur. Hormis cela, le massage fonctionne de la même manière, que la victime soit un homme ou une femme. La seule différence réside dans les signes pour reconnaître un arrêt cardiaque : une femme aura plus tendance à être essoufflée qu’un homme. »
Au terme des deux heures de formation, chaque participant repart avec son attestation de sensibilisation aux gestes qui sauvent. C’est le premier diplôme de Noa, 10 ans, qui a participé en compagnie de son frère et de sa mère. « C’est elle qui m’a fait venir ici. J’ai bien aimé, on a fait plein de choses, même si c’était parfois un peu compliqué comme je ne suis pas très grand. J’ai préféré quand on a appris à sortir une victime en la tirant par les pieds. Mais là où je suis le meilleur, c’est pour appeler au secours, car je crie très fort. » Démonstration faite, on lui reconnaît un vrai talent !
Les dates du Cardio Challenge Heroes 2025
Du dimanche 23 mars 2025 au dimanche 23 novembre 2025
Un dimanche par mois, la Protection civile Paris Seine organise des initiations gratuites aux gestes qui sauvent, ainsi que des entraînements de running !