Évènement

On a vu « Peer Gynt », la nouvelle création hybride du Théâtre du Châtelet

Du vendredi 7 au dimanche 16 mars 2025
Peer Gynt, héros de la pièce, au centre entourés de trolls
Pour les amateurs de théâtre moderne, « Peer Gynt » est un double chef-d'œuvre littéraire et musical signé des Norvégiens Henrik Ibsen et Edvard Grieg. Si l’œuvre fut un succès dès sa publication, en 1867, elle est aujourd'hui adaptée au sublime Théâtre du Châtelet par Olivier Py. On l'a vue et on vous dit ce que l'on en a pensé !
Conçu à l'origine comme un lesendrama (un texte fait pour être lu), Peer Gynt devient un spectacle à part entière lorsque Henrik Ibsen propose à Edvard Grieg d’en composer la musique en 1876. Aujourd’hui, rares sont les lieux qui rapprochent ces deux chefs-d'œuvre. C’est la fonction d’un théâtre musical tel que le Châtelet que de mêler la totalité de la musique de Grieg à une « tradaptation » du texte d’Ibsen par Olivier Py.

De quoi ça parle ?

Au gré des tribulations du personnage principal, incarnation de l’antihéros, Peer Gynt est d’abord et avant tout le récit d’un voyage dans l’espace et dans le temps, du nord au sud, de la jeunesse à la maturité. Dans cette mise en scène originale, Olivier Py met l’accent sur le caractère initiatique d’un pèlerinage. Quittant son pays natal, Peer Gynt emprunte les chemins sinueux qui l’amèneront à prêcher dans le désert en parcourant le Sud pour mieux comprendre, à son retour en Norvège, la vacuité de sa propre existence.

L'avis de la rédaction

Le rideau se lève, et tout commence par le son des instruments de l'orchestre de Chambre de Paris. Les violons se marient aux contrebasses et aux flûtes, puis laissent place à Peer Gynt. Œuvre majeure du théâtre scandinave, inspirée du folklore norvégien et mêlée à la musique du compositeur Edvard Grieg, cette épopée théâtrale est aussi surprenante qu'audacieuse. Le spectacle oscille entre théâtre, comédie musicale et lyrisme, et pendant près de quatre heures, la troupe se dépense sans relâche pour donner vie à cette fable initiatique pas comme les autres.
C'est donc transporté au cœur de la forêt norvégienne, entourée de maisons traditionnelles en bois sur pilotis, que l'on voyage. Bien que minimalistes, la mise en scène et les décors se révèlent extrêmement pertinents : mobiles, ils optimisent l'espace de manière à nous transporter de scène en scène avec fluidité, notamment grâce à un plateau élévateur. L'orchestre insuffle à la pièce une intensité vibrante, le tout laissant une certaine empreinte qui hante longtemps après être sorti de la salle…
Peer Gynt et Solveig sur scène, avec une lune en arrière plan

Une exploration de la quête d'identité

Cette pièce, qui oscille entre fantastique, drame, théâtre de boulevard ou encore opéra chanté, explore en profondeur la quête d'identité. Peer Gynt, personnage fantasque et insaisissable, vit mille vies (marchand d'esclave, prophète ou encore père d'un troll), comme pour éviter de se confronter à lui-même. L'acteur principal, Bertrand de Roffignac, déborde d'une énergie époustouflante, et ne s'arrête jamais. Il incarne profondément son rôle par sa vivacité, et à l’image de notre antihéros, dévoile progressivement ses couches, sans jamais atteindre son véritable noyau. C'est d'ailleurs l'objet même de la pièce -superposer les genres et les strates narratives- pour poser cette question : qu'est-ce qu'être soi-même ?
Peer Gynt est une fable sombre, mais étonnamment optimiste, tentant ainsi de répondre à des questions existentielles qui nous traversent tous et toutes. Un spectacle qui séduira les curieux désireux de s'embarquer pour une aventure philosophique originale.

Mise à jour le 12/03/2025

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